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2012-06-10T22:30:00+02:00

voyage aux antipodes

Publié par mamanmouth

Dans quelques semaines, nous fêterons le sixième anniversaire de résidence paisible dans notre charmant quartier…

Toute une vie que j’aspirais à m’endormir au son des cloches des vaches et à tutoyer chacun de mes voisins, et voilà que mon époux, ma moitié, mon binôme, ma maison témoin, mon code barre, dans ses rêves éveillés, fait allusion avec soupirs insistants à un tour du monde avec femme et enfants !!

….femme et enfants ?! Mais c’est de MOI…de NOUS qu’il parle !!!

Je crois que cette fois pour les voyages en mode « babacool » pour moi, y’a prescription. J’étais déjà une laborieuse aventurière il y a presque 15 ans, mais aujourd’hui, c’est pour le moins impensable. Rien que regarder les naufragés de kho Lanta cloquer au soleil et bouffer des insectes, j’ai la nausée…

Pour autant, il fut un temps où je pouvais gouter des vers de bancoules, cuisiner de la chauve-souris , sauter à l’élastique et pêcher tranquillement du requin avec des têtes de poules pour hameçon. Vous rigolez ? Pourtant on parle bien de moi !

J’avoue, moi-même, j’ai encore du mal à le croire. Vous m’imaginez aujourd’hui, dans je ne sais quel pays tropical ?

J’aime pas le froid, j’aime pas le chaud, j’aime pas marcher, et j’aime pas m’arrêter! J’ai déjà la phobie des araignées et tous les  insectes à plus de deux pattes provoquent chez moi des réactions allergiques. C’est encore pire avec ceux qui ont des ailes !

Avec le passif que j’ai, aucune assurance n’accepterait de nous couvrir.

Il y a maintenant quelques années de cela, quand ma chevelure soyeuse atteignait mes reins et que l’agilité de mes 23 ans faisait de moi une flamboyante ingénue (…), j’ai eu la chance incroyable de partir pour la Nouvelle Calédonie avec une grosse valise pour seule bagage et  un billet d’avion  aller-simple en poche. Quelle raison à ce périple ? Vous l’aurez deviné : la fougue irrationnelle et hormonale de l’attraction sentimentale…

Une telle aventure, ça méritait au moins que je le ramène le bonhomme !

« Oh ! Comme partager le crépuscule des tropiques, dans ses bras enlacés doit être fantastique ! », Pensais-je. Je rêvais du goût du sel sur ma peau, de la douceur des fruits sucrés, de l’ombre des palmiers et de l’indolence des vagues du pacifique sur nos corps assoupis… (C’est mon côté fleur bleue ça !)

Aujourd’hui, ce dont je me souviens surtout, ce sont les moustiques, les fourmis électriques, les serpents, les soirées alcoolisées des broussards à santiags, les dispensaires et les marécages !! Ça vous rappelle un  célèbre sketch ?ben y’a pas d’erreur : c’était bien à Koumac (cf: P.Timsit) !

Koumac : ville solitaire  à 400 km de Nouméa sur l’une des plus belles iles du pacifique, reliée à la capitale par une route singulière, agrémentée de nids de poules démesurés  (la taille au-dessus, on appellerait ça des  cratères de météorite)…

Donc le paradis : il est à 400 km de Koumac, et non pas à Koumac !!! C’est un peu comme si je vous disais d’aller jusqu’ à Disneyland et que vous restiez devant l’entrée…

 A Koumac, pour votre consommation d’occidental avide de confort, vous trouverez quelques boutiques d’alimentation rudimentaires pour le moins  rentabilisées en termes d’exploitation de surface : « tu trouves de tout chez Nino », annonce la pub.

Effectivement, tout y est ! Tout l’espace est occupé, un  magasin en 3D en somme ! Le  matériel électroménager, les outillages, la hifi, la mercerie, la crèmerie, la quincaillerie, l’armurerie, la droguerie, la friperie et même  l’animalerie ! Les selles de cheval trouvent leur place au-dessus des congélateurs et la machine à laver jouxte le rayon frais qui taquine le dépôt de fusils de chasse. Le royaume  des fromages qui courent tout seul… Attention, baissez la tête en entrant ! « Nino Koumac : toujours la force » !

 Comme je travaillais en tant que standardiste (bien grand mot pour le contexte) dans l’incontournable hôtel de la ville, j’étais occasionnellement sollicité pour donner des idées aux touristes égarés. Faute de mieux, je proposais avec enthousiasme la « visite » de ces superettes pour le moins  déconcertantes. Nino Koumac :trésor d’anthropologie !

Pas un troquet, pas un magasin, pas un kebab et des militaires partout.

S’il y avait eu un musée, je parie que j’aurais même adoré ça.

Bon, c’est vrai, les militaires, c’est un peu grâce à eux qu’on était là en même temps.

Ahhh, la Calédonie, c’est aussi la canicule, les dépressions tropicales et les cyclones : tout un programme. Nous à l’époque, on était content de n’avoir rien à nous et de vivre dans une location. Les violents cyclones étaient toujours annoncés au bulletin météo avec flegme, entre l’éphéméride et la température des plages, un peu comme une hôtesse de l’air vous informe que vous traversez des turbulences alors que le plateau repas du voisin est déjà retourné sur vos genoux. Apprendre que leur maison allait être engloutie et qu’ils manqueraient d’électricité et d’eau pendant 8 jours, laissaient les autochtones plutôt indolents ; alors que nous, nous avions déjà constitué une réserve d’un mètre cube d’eau minérale, fait le plein de piles et vidé frigos et congélateurs.

En curiosité locale, il y a aussi les « fourmis électriques »…rien à voir avec un quelconque insecte mélomane ; il s’agit de fourmis qui vous donnent des sensations de coup d’électricité quand elles vous piquent. Comme j’ai l’agréable habitude d’être allergique à toutes les petites bébêtes du monde, les présentations ont étés rapides. Après avoir posé mon postérieur sur un nid, j’ai finis dans un dispensaire le derrière en choux fleur et une énorme seringue dans les fesses. Pour ceux qui se délectent de détails croustillants, désolé mais j’en resterai là !

Leurs cousins les moustiques sont aussi d’une compagnie tenace quand vous prenez la peine de vous lever à 4 heures du matin afin d’aller à la cabine public passer un coup de fil en métropole à l’autre bout du village. Rien de fantaisiste à cela, il s’agit juste de joindre nos familles en toute courtoisie à des heures respectables. (Décalage horaire oblige !). Par contre, l’enthousiasme de ces charmants insectes est d’autant plus pesant lorsque vos parents vous balancent qu’ils n’ont  pas le temps de discuter avec vous parce qu’ils regardent justement la finale de kho lanta à la télé !!  « Rappelle dans une heure »…

Bien sûr, et cela va de soi, on a vécu une expérience fantastique et j’en garde parmi mes plus belles rencontres et mes plus beaux souvenirs.

 Mon amoureux, souviens toi :

Que de belles croisades : la Calédonie, l’Australie et même l’Ecosse… Riches de nos expériences  mais définitivement  privés de notre inconscience, nous avions, vaincus par les circonstances, fondé l’association : « les vacances sans hôpital », pour que les vacances ne se ne terminent plus jamais dans un  dispensaire.

 Cette fois, même s’il n’y a toujours que les routes qui sont belles et que je reste l’otage consentante de tes rêves, mon amoureux comprend moi, mais ma trousse à pharmacie est fatiguée …

 

 

 

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