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2013-12-06T23:04:00+01:00

ROULEZ DOUCEMENT, CA GLISSE!!!

Publié par mamanmouth

 

  

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 Ca y est, c’est fait : je me suis très officiellement pris la  claque de la quarantaine !

Evidemment, Je ne m’y étais pas du tout préparé parce  que je croyais qu’il ne me restait pas moins d’une année pour qu’elle me tombe dessus. Je pensais avoir encore un peu de marge d’autant plus que mon développement intellectuel, lui, ne semblait pas avoir grandement évolué depuis l’adolescence.

En toute confidence, mon excès de Sébum neuronale ne m’a jamais complexé car il évoquait pour moi une jeunesse éternelle : ne pas grandir, c’était aussi ne pas vieillir…n’en déplaise à celles et ceux qui préfèreraient me voir tondue pour ça.

Je voulais en venir où moi déjà ? Ah oui : la claque.

Il y a parfois des souvenirs, des musiques, des moments de vie que l’on aime partager avec les autres. Se replonger dans le passé, rire d’un vieux sketch, d’une pub, d’une chanson, etc… l’un commence à chanter les premières paroles et l’autre entonne le reste du refrain.

Et bien c’est vachement moins drôle quand vous évoquez euphoriquement les bals des années 90 et que les jeunes qui vous entourent vous toisent dans un silence inquisiteur.

Bien sûr, avec les années, le sens que l’on donne au mot « jeunesse » évolue : la fourchette s’élargie.  Les jeunes, ce ne sont plus seulement les moins de 20, mais aussi ceux qui en ont moins de 30. En gros, on réduit considérablement la marge qui nous éloigne nous-même de ces années vertueuses. J’imagine que dans 10 ans, la fourchette s’élargira encore. Cette fois, c’est clair, je parle comme une vieille !

Pourtant, pourtant, tous ces souvenirs sont encore bien présents dans ma tête! J’ai encore les poils droits sur les mollets quand j’entends la musique de ma première entrée au bal et les hormones qui s’agitent quand des parfums me reviennent.

Si j’ouvrais la boite à reliques, je suis certaine que ça vous causerais aussi…

 

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Le bal c’était pour nous, le rendez-vous de la fin de semaine, un peu comme la grand-messe : une communion, l’appel de la communauté. Faut bien reconnaitre que pendant ces années-là, j’ai pas foutu grand-chose à l’école ! Dire que j’en aurais des regrets serait un autre débat !

Chaque samedi, après y avoir réfléchit tout le reste de la semaine, nous préparions mes cousines et moi, notre tenue spéciale  «  toutes éventualités »,  tout rebondissement dans la soirée devait être envisagé : qu’il soit sentimental, climatique, tardif ou embarrassant. Il fallait autant prévoir la tenue séduction que les fringues de rechanges en cas de collant filé ou de bière renversée sur le maillot. Parfois, pour disposer d’une plus grande liberté d’action, nous préfèrerions enfiler un vieux bleu de travail. Ce n’était assurément pas très sexy, mais au moins le message était clair : prédateurs, fuyez !

Que celui qui n’a pas vibré lors de ces grands  rendez-vous de la rébellion, de la beuverie et de la volupté me jette la première pierre et  dommage pour tous ceux qui ont préféré passer à côté.

Une fois au bal, tout un microcosme se réveille…le monde de la nuit et sa magie s’éveille.

Les regards se croisent : les garçons rient fort, bière à la main et les filles repoussent leurs cheveux du bout des doigts en mastiquant un chewing gum .Le groupe est là, gratte quelques accords : la scène peut commencer...

Toutes nos économies du mois se résumaient à ce simple tampon d’entrée. Tout était compté en « entrée de bal » ou éventuellement en « passage au bar » : avec 105 francs, nous assurions 2 entrées de bal et un passage au bar. Pour cela, il fallait forcer le trait toute la semaine avec les mamies, plumer quelques poulets moyennant finance, garder les p’tites voisines et gratter sur l’argent de poche de la semaine. Pour les autres passages au bar, nous comptions essentiellement sur la générosité masculine. Désolé Messieurs !

(Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ! je précise au cas ou vous n'auriez pas compris que je parlais d'alcool.)  

Pour contourner ce paramètre financier, mon frère avait même envisagé de fabriquer de faux tampons en gomme. L’idée aurait pu être grandement rentable et astucieuse si les tampons d’entrée ne changeaient pas de forme et de couleur chaque semaine ! Un gros budget gomme y est passé et  la talentueuse contrefaçon  de mon frère n’a jamais eu l’occasion d’être une fois au moins amortie. C’est révoltant de voir qu’on a pu mettre autant d’énergie pour entrer gratuitement alors que d’autres se contentaient de transférer l’encre fraîche du tampon d’un bras à l’autre, puis passaient tout sourire sous le nez des videurs. Finalement, on peut se consoler aujourd’hui en affirmant à nos enfants qu’au moins, on n’a jamais triché !

 Le bal : c’était le lieu de toutes les premières expériences. Je vous épargnerai les plus confidentielles, cela va de soi, mais je sais que pour beaucoup d’entre vous, ces années-là laissent des sentiments troublants : amusés ou amers. Les jeux de charme, les défis entre potes, les actes inconscients : on regarde tout ça avec le recul de nos yeux de parents.  « Mon dieux, si mes enfants faisaient ça !... ».  

Quand j’y pense, je me demande à quoi j’aspirais à cette époque. Un simple « je t’aime », balancé avec un soupçon de sincérité, et nous étions, mes cousines et moi, prêtes à convoler avec le premier bucheron poète au sourire édenté .On aurait craqué pour un grand brun aux cheveux gras : en brosse sur le crane et  longs dans la nuque ; on aurait voulu mourir, callée entre ses bras et les canettes qu’il tenait fermement dans chaque main. On aurait été prête à partager ses baisers avec un chewing gum, à passer après une choucroute, une soupe à l’oignon ou même pire …après qu’il l’ait rendue !

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On s’étonnait après que les feux de l’amour ne duraient pas. A chaque fois, c’était une autre idiote  qui succombait, perdue sur les genoux de son galant, indifférent, hésitant entre sa bière et sa clope.

Pour un peu qu’on arrivait à en ferrer un plus de 3 samedis de suite, commençait alors les échanges de courrier. Il fut un  temps ou le papier et les crayons servaient à écrire des correspondances, nous étions encore bien loin des mails et des SMS. Il ne suffisait pas de se « poker » sur Facebook ou de s’envoyer un « tweet » pour avoir un rencard, il fallait savoir écrire des phrases entières. C’est sur ces échanges romantiques que je me suis fait la main d’ailleurs ! Certains de mes correspondants sont probablement sorti de l’illettrisme un peu grâce à moi, alors que d’autres ont dû arrêter d’écrire aussitôt après. Le pire, c’est que je trouvais follement romantique cette pluie de fautes d’orthographe sur nappe de papier… Je commence à croire que j’ai quand même bien fait de vieillir un peu !

Lors des retrouvailles, on s’échangeait nos gourmettes ou nos pendentifs, aucune lettre n’était celée sans y avoir  apposé un doux baisé à la mangue aspergé d’un peu d’essence de vanille. Nos sentiments ne manquaient pas de saveur !…

Puis la semaine suivante, c’était le drame, le goujat m’avait déjà remplacé. Je me noyais dans un verre de Panaché, hurlant ma colère, mais déjà prête à céder à celui qui voulait bien me consoler…

Certaines copines, plus pragmatiques, préféraient avoir « un copain de des fois » : au moins les choses étaient posées. Ainsi fut  inventés les intermittents de l’amour, la précarité sentimentale voyait le jour. Pas de larme, et surtout : pas de gourmette perdue !...

Heureusement, avec le cumul des expériences, mes choix  se sont montrés de plus en plus judicieux.

Ah ! L’ivresse des bals montés… je me souviens des buvettes d’une longueur interminable, de la pause pipi dans les orties, des talons aiguilles dans la neige, des trous dans le plancher à coup de santiags et des fins de soirées un peu vaseuses. Quelles plus belles soirées que celles qui se terminent à l’aube avec une soupe à l’oignon ou les croissants chez le paysan du coin !

Dire que les bals ont franchement souffert d’une image ringarde, c’est dans ces endroits qu’on a fait un peu l’école de la vie pourtant. L’effervescence n’avait pas d’étiquette, toutes les classes sociales s’y mélangeaient. Aujourd’hui, notre insouciance et notre fantaisie sont un peu partie avec les caisses des musiciens.

Demain je vais avoir 40 ans. Mes musiciens préférés se sont reconvertis dans le spectacle pour enfants. J’accompagne ma fille à leurs spectacles et je suis ravie de la voir chanter  leurs comptines. Comme je sais que tu vas surement lire cette chronique, Gilles, je suis fière de  te remercier d’avoir fait mes belles années et maintenant un peu celles de ma fille.  

Bien vieillir, c’est finalement reconnaitre que le bonheur : c’est aussi aujourd’hui et que ce que l’on n’a pas loupé, le valait bien…

A Gilles P. & Co, Le Troubadour sans âge.

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